Les États‑Unis, accoucheurs de l’Europe


Après 1945, Washington veut un bloc européen unifié, démocratique et allié à l’OTAN, pour servir de rempart contre l’URSS et de zone de marché stabilisée pour l’hégémonie américaine. De larges travaux historiques le montrent : l’Europe occidentale est aidée, encadrée, puis intégrée dans un ordre atlantique qui n’a rien de spontané. https://theswissbay.ch/pdf/Articles/Les%20%C3%89tatsUnis%20ont%20financ%C3%A9%20la%20cr%C3%A9ation%20de%20l'Union%20europ%C3%A9enne%20et%20Jean%20Monnet%20-%20Historia%20magazine.pdf

Des révélations plus récentes, notamment via des articles de presse et des enquêtes, font aussi état de financements américains, parfois transitant par des réseaux proches de la CIA, pour soutenir des mouvements européistes, dont le courant de Jean Monnet. Ces éléments ne signifient pas que l’Europe aurait été « créée par la CIA » au sens caricatural, mais qu’elle a été largement financée, encouragée et pensée dans un cadre stratégique atlantiste. https://books.openedition.org/psorbonne/47333

Jean Monnet : « père de l’Europe » ou agent de l’aigle américain ?

Jean Monnet est aujourd’hui enterré au Panthéon français, célébré comme le « père de l’Europe ». Pour Charles de Gaulle, il est surtout un homme profondément inséré dans les réseaux américains, un interlocuteur privilégié de Roosevelt dès la guerre, puis un architecte de l’intégration européenne très proche de Washington. 
https://books.openedition.org/pur/239362

Dans ses mémoires, de Gaulle ne l’appelle pas officiellement « agent de la CIA », mais il décrit Monnet comme un acteur politique de l’alliance américaine, travaillant souvent à l’insu des parlements et des électeurs européens. Des auteurs récents rappellent que Monnet se définit lui‑même comme un partisan d’une Europe à l’image des « États‑Unis d’Europe » et qu’il fait un usage intense de ses contacts américains pour imposer progressivement la construction communautaire. 
https://books.openedition.org/pur/239347

Dire qu’il serait un simple fonctionnaire neutre revient à banaliser une proximité trop évidente avec l’aile américaine du projet européen. Dire qu’il serait un « espion » est un raccourci polémique, que la presse sérieuse relève pour le dénoncer comme un « hoax ». La vérité intermédiaire, historiquement admissible, est celle d’un lobbyiste atlantiste très bien connecté à Washington, dont la supranationalité vise à dépasser les réticences nationales, y compris françaises.


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Walter Hallstein : du nazisme au « premier ministre » de l’Europe

Walter Hallstein, premier président de la Commission de la CEE (1958–1967), est présenté comme un simple juriste fédéraliste, un technocrate européen sans passé politique lourd. Pour de Gaulle, au contraire, il est un ancien serviteur de l’aigle hitlérien devenu serviteur de l’aigle américain.

Les sources historiques confirment qu’Hallstein fut un brillant juriste promu très jeune sous le Troisième Reich, officier de réserve de la Wehrmacht, puis fait prisonnier aux États‑Unis. Des travaux, blogs et enquêtes récents montrent aussi qu’il fut intégré à des organisations nazifies (NSV, NSLB, NSRB) et que, dans l’univers académique, il fut considéré comme un universitaire aligné sur l’idéologie nazie, chargé d’endoctrinement politique au sein de la Wehrmacht.

La biographie officielle de la Commission européenne minimise ces zones d’ombre, insistant sur son rôle dans la construction du marché commun et la mise en place de règles de concurrence. Pour de nombreux auteurs critiques, ce silence est révélateur : Hallstein, ancien nazi recyclé, devient l’homme clé d’une Europe supranationale qui s’oppose à la souveraineté nationale, notamment à celle de la France gaullienne.

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La monnaie unique : une idée venue de Washington

L’euro, présenté comme une réponse naturelle aux déséquilibres de la zone euro, s’inscrit aussi dans une vision plus ancienne. En 1965, un document déclassifié du Département d’État américain révèle que des responsables américains, en réunion avec le vice‑président de la CEE Robert Marjolin, jugent l’union monétaire européenne comme un objectif à poursuivre, mais sans le dire ouvertement pour éviter « résistances » politiques. 
https://www.medias-presse.info/rappel-du-role-des-usa-et-de-la-cia-dans-la-construction-de-lunion-europeenne-youssef-hindi/57101/

Ce texte, exploité par la presse et des auteurs souverainistes, montre que l’idée d’une monnaie unique européenne n’est pas née uniquement d’une volonté « technique » des États européens, mais bien d’un calcul atlantique visant à stabiliser un espace européen intégré sous l’aile de l’ordre monétaire occidental. https://www.upr.fr/wp-content/uploads/dossiers/DEPARTEMENT-D-ETAT-AMERICAIN-Note-du-11-juin-1965-V15.pdf

Des analyses plus récentes indiquent que Monnet lui‑même, au sein du Courant européen, envisage déjà dans les années 1950 une forme de monétarisme européen, alors que certains auteurs insistent sur l’influence américaine dans la genèse de l’euro. Le document de 1965 constitue donc un jalon essentiel pour montrer que l’euro est aussi, en partie, un projet pensé dans les coulisses de Washington.


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De Gaulle, l’homme qui a tiré sur le fil du mensonge

C’est de Gaulle, dans ses Mémoires d’espoir, qui a le plus clairement formulé la critique de cette Europe‑là. Il y décrit Hallstein comme un homme passé de l’aigle hitlérien à l’aigle américain, et le met en scène comme le visage de l’Europe supranationale qui menace la souveraineté de la France. Il y critique aussi la logique de Monnet, insistant sur la manière dont les élites européennes, proches de Washington, promeuvent un projet qui s’impose d’en haut, sans débat démocratique réel. 
https://www.dedefensa.org/article/de-gaulle-face-a-la-doctrine-hallstein

Depuis, cette lecture a été reprise, parfois simplifiée, par des auteurs comme Philippe de Villiers dans J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, où il relit Hallstein, Monnet, la monnaie unique et la « mainmise américaine » sur l’Europe. La presse mainstream dénonce régulièrement ce type de livre comme un polémiste, mais ne remet jamais en question la réalité du document de 1965 ni les travaux de chercheurs sur l’influence américaine réelle.

@SouveraineteFra
« On est souverain ou on ne l’est pas. » — P. Séguin